À 10 ans, elle reprend déjà le répertoire de Francis Cabrel. « J'étais la seule fille du quartier à jouer au foot avec les mecs, la seule à jouer de la guitare », se souvient-elle. Issue d'une famille instruite (père cadre, mère prof à l'université), Zaho affirme sa différence. « Bizarrement, la génération de mes parents était plus ouverte que la nôtre. Nous, on a du se chercher ». Zaho s'ouvre à de nouveaux mondes grâce à la musique, celle d'Idir comme de celle de Tracy Chapman. Elle découvre le rap français de MC Solaar, NTM et IAM, reprend les morceaux qu'elle entend à la radio. Le coup de pouce du destin vient en 1999, quand elle émigre avec sa famille au Canada. « Là-bas, c'est chacun pour soi. Vu que j'étais isolée, je me suis demandée quel était vraiment le rêve de ma vie. Et j'ai compris que c'était de chanter ».
Zaho rencontre des producteurs, découvre le monde des studios, commence à poser sa voix sur quelques refrains, impose ses premiers featurings. Missy Elliott, exemple de créativité envers et contre tous, est une de ses influences. Très vite, Zaho devient une pro des studios. Elle met ses études entre parenthèses et se consacre pleinement à la musique. Son mentor est Phil Greiss, un producteur français installé au Canada. Le buzz se fait insistant et arrive en France. « Sans être arrogante, je disais non à la plupart des propositions car je ne voulais pas être sous les projecteurs à n'importe quel prix ». Avec Phil, Zaho se façonne un son. Et ne cesse d'écrire des chansons : « La roue tourne », « Assassine », « Incomprise » et « Dima », qui donnera son titre à l'album, sont écrits à cette époque. « Il y a pas mal de morceaux qui sont nés d'une jam. Phil est au piano, il sort une ligne mélodique, j'ai un refrain, je commence à improviser... Pour d'autres titres, je lui parlais de l'ambiance du morceau et il me faisait du sur mesure ».